Les gifles étaient nombreuses. Mais elles sonnaient toutes comme un dernier recours. J'en prenais parfois plusieurs par jour, seulement, précédée d'un soupir, chacune d'elles m'était présentée comme une mesure désespérée devant l'obstination que je mettais à mal me conduire malgré de patientes mises en garde. Si fréquente fût-elle, la gifle était la continuation de l'éducation par d'autres moyens. En somme, quand il giflait, c'est qu'il baissait les bras devant les crimes dont je me rendais systématiquement coupable. Ici un morceau de roquefort qu'en gourmand j'avais tranché dans le sens de la largeur (me réservant les parties bleues), là une porte ouverte sans frapper ou bien une goutte d'urine sur la lunette des chiottes… Il y avait souvent de quoi baisser les bras. Alors, les gifles pleuvaient. Coutumières, pas mortelles.