Enfin, pendant le repas, mon père me fit longuement ses dernières recommandations. Il affirma d'abord que, comme il fallait s'y attendre, la République avait supprimé le sinistre cachot, car il était allé prendre ses renseignements. Nous en fûmes tous bien aises, et surtout le petit Paul, qui avait tremblé pour moi. Mais il ajouta qu'il ne fallait pas croire, pour autant, qu'un lycée fût une pétaudière, et il insista particulièrement sur les « retenues », qui sont une espèce de condamnation aux travaux forcés, et qui font monter le rouge au front d'une famille. L'oncle Jules, au dessert, décrivit la peine suprême : une comparution devant le conseil de discipline d'où l'un de ses camarades était sorti vivant, mais déshonoré.