Ces pions, en général débonnaires, étaient sous les ordres de deux surveillants généraux qui aiguillonnaient leur zèle. Celui de l'internat, sous sa calotte grise, était sans cesse en croisière dans les couloirs, comme une canonnière sur un fleuve colonial, mais il surgissait dans la cour au moment même où sa présence était la moins souhaitable. Celui de l'externat, qui portait de longues moustaches cirées et pointues comme des aiguilles, avait deux yeux de verre, une voix glaciale, et des bottines à boutons. Il avait dû inventer le radar dès cette époque, car il repérait infailliblement les élèves mis à la porte des classes, et qui, pour lui échapper, tournaient autour d'un pilier de la galerie, comme font les écureuils à la vue d'un chasseur.